Le renard et le loup

Le Renard et le Loup


Un jour, le Renard et le Loup voyageaient de compagnie. Sur leur chemin, ils trouvèrent un pot de miel.
« Bonne affaire, Loup, dit le Renard. Si tu veux me croire, nous enterrerons ici le pot de miel, et nous le partagerons en revenant.
– Renard, je le veux bien. »
Le Renard et le Loup enterrèrent donc le pot de miel et repartirent. Cinq cents pas plus loin, le Renard s’arrêta court.
« Jésus, mon Dieu ! Oublieux que je suis ! Je ne songeais plus qu’on m’attend, pour un baptême. C’est pourtant moi qui suis le parrain. Loup, marche devant. Je ne tarderai guère à te rejoindre. »
Tandis que le Loup marchait devant, le Renard courut entamer le pot de miel. Cinq minutes plus tard, il avait rejoint le Loup.
« Renard, voilà un baptême bientôt fait.
– C’est vrai, Loup.
– Dis-moi, Renard, quel nom as-tu donné à ton filleul ?
– Loup, je lui ai donné le nom d’Entamé. »
Cinq cents pas plus loin, le Renard s’arrêta court.
« Jésus, mon Dieu ! Oublieux que je suis ! Je ne songeais plus qu’on m’attend, pour un autre baptême. C’est pourtant moi qui suis le parrain. Loup, marche devant, je ne tarderai guère à te rejoindre. »
Tandis que le Loup marchait devant, le Renard courut manger à moitié le pot de miel. Cinq minutes plus tard, il avait rejoint le Loup.
« Renard, voilà un autre baptême bientôt fait.
– C’est vrai, Loup.
– Dis-moi, Renard, quel nom as-tu donné à ton filleul ?
– Loup, je lui ai donné le nom d’À-moitié. »
Cinq cents pas plus loin, le Renard s’arrêta court.
« Jésus, mon Dieu ! Oublieux que je suis ! Je ne songeais plus qu’on m’attend encore, pour un autre baptême. C’est pourtant moi qui suis le parrain. Loup, marche devant. Je ne tarderai guère à te rejoindre. »
Tandis que le Loup marchait devant, le Renard courut achever le pot de miel. Cinq minutes plus tard, il avait rejoint le Loup.
« Renard, voilà un autre baptême bientôt fait.
– C’est vrai, Loup.
– Dis-moi, Renard, quel nom as-tu donné à ton filleul ?
– Loup, je lui ai donné le nom d’Achevé.
Adieu, Loup. J’ai des affaires ailleurs. Quand tu t’en retourneras, ne manque pas, au moins, de déterrer le pot de miel et de m’en garder ma part. »